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Johan Cruyff est et reste le meilleur footballeur du
monde, surtout après la retraite définitive
de Pelé. Son mérite est d'autant
plus grand qu'il est l'homme à abattre,
que ce soit en Championnat d'Espagne avec Barcelone
sur les terrains peu accueillants de province, ou en
Coupe du monde avec la sélection de Hollande
dont il fut pendant un mois l'animateur et le
meneur de jeu.
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| © Presse Sports |
Harcelé, malmené, souvent
maltraité, Cruyff a dû, bien entendu, revoir
la question. En tacticien qui sent le jeu et voit très
vite, il a décidé de reculer ses bases
de départ et de fuir la pointe du combat. Du
même coup, il offrait à ses partenaires
des possibilités plus sérieuses de marquer
à sa place : ce que ne manquèrent pas
de réaliser Marcial à Barcelone et Neeskens
dans la sélection hollandaise. On sait que Cruyff
poussa si loin son raisonnement qu'il échoua
stupidement au port de la finale mondiale, le jour où
il allait réaliser son rêve ! Peut-être
aurait-il obtenu gain de cause s'il avait modifié
ses batteries et décidé de venir attaquer
les défenseurs allemands dans leur forteresse.
Faut-il condamner Cruyff sur cet échec dont il
n'est d'ailleurs pas seul responsable ?
Certainement pas, car avant ce match de Munich, il avait
brillé de mille feux dans une compétition
impitoyable, planant au-dessus de ses partenaires et
de ses adversaires avec une insolence et une maîtrise
exceptionnelles.
Et puis, n'avait-il pas auparavant reconduit le FC Barcelone jusqu'au sommet du football espagnol, lui redonnant un titre qui le fuyait depuis plus de dix ans. Il suffit que Cruyff entre dans l'équipe catalane pour que celle-ci entame une ascension qu'on ne peut arrêter.
Le « Hollandais volant » n'a rien perdu d'une vitesse d'accélération et de démarrage incomparable qui lui permet de laisser sur place ses adversaires et de faire la différence : cette rapidité d'exécution se manifeste aussi dans les touches de balle et dans les frappes, ainsi que dans les détentes.
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Dans la vie, il a pris aussi du poids. Il est maintenant
un « chef de bande » comme l'était
Di Stefano et comme l'est également Beckenbauer.
Il impose ses idées, ses hommes : il a façonné,
dans le choix des joueurs comme dans les conceptions
de jeu, le FC Barcelone et l'équipe de Hollande
qu'entraînaient d'ailleurs le même homme,
Rinus Michels.
Et le businessman Cruyff est tout aussi actif, lucide
et réaliste que le footballeur. Il symbolise
parfaitement son époque. Footballeur des temps
modernes, Cruyff est aussi une vedette de l'ère
2000, qui est celle de la vitesse, du rendement et de
l'argent.
JEAN-PHILIPPE RÉTHACKER
(France Football numéro 1 500, 31 décembre
1974)
| FICHE
JOUEUR |
CLASSEMENT 1974 |
JOHAN CRUYFF
Nationalité : hollandaise.
Né le : 25 avril 1947, à Amsterdam
(HOL).
1,80m ; 71 kg.
Poste : attaquant.
Clubs : Ajax Amsterdam (1957-1973),
FC Barcelone (1973-1978), Los Angeles Aztecs
(1979), Washington Diplomats (1980-1981),
Levante (1981), Ajax Amsterdam (1981-1983)
et Feyenoord Rotterdam (1983-1984).
Palmarès de joueur : Coupe intercontinentale
des clubs 1972 ; Supercoupe d'Europe 1973
; Coupe des champions 1971, 1972 et 1973 ;
Championnat des Pays-Bas 1966, 1967, 1968,
1970, 1972, 1973, 1982, 1983 et 1984 ; Championnat
d'Espagne 1974 ; Coupe des Pays-Bas 1967,
1970, 1971, 1972, 1983 et 1984 ; Coupe dEspagne
1978 ; meilleur buteur du Championnat
des Pays-Bas 1967 (33 buts) et 1972 (25).
Bilan en équipe des Pays-Bas :
48 sélections A, 33 buts (1966-1977).
Bilan en phase finale de Coupe du monde :
1 participation (2e en 1974), 7 matches, 3
buts (1974).
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur
en 1971,
1973
et 1974
(3e en 1975).
Carrière d'entraîneur :
Ajax Amsterdam (1985-1988), FC Barcelone (1988-1996).
Palmarès d'entraîneur :
Supercoupe dEurope 1992 ; Ligue
des champions 1992 ; Coupe des Coupes 1987
et 1989 ; Championnat d'Espagne 1991, 1992,
1993 et 1994 ; Coupe des Pays-Bas 1986 et
1987 ; Coupe dEspagne 1990.
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1. Cruyff (Pays-Bas, FC Barcelone),
116 points.
2. Beckenbauer
(RFA, Bayern Munich), 105 pts.
3. Deyna (Pologne, Legia
Varsovie), 35 pts.
4. Breitner (RFA, Real
Madrid), 32 pts.
5. Neeskens (Pays-Bas,
FC Barcelone), 21 pts.
6. Lato (Pologne, Stal
Mielec), 16 pts.
7. G. Müller (RFA,
Bayern Munich), 14 pts.
8. Gadocha (Pologne, Legia
Varsovie), 11 pts.
9. Bremner (Ecosse, Leeds),
9 pts.
10. Sparwasser (RDA, Magdebourg),
Edström (Suède, PSV Eindhoven),
Vogts (RFA, Borussia Mönchengladbach),
4 pts.
13. Hellström (Suède,
Kaiserslautern), Tomaszewski (Pologne, LKS
Lodz), 3 pts.
15. Maier (RFA, Bayern
Munich), Bonev (Bulgarie, CSKA Sofia), Gorgon
(Pologne, Gornik), Altafini (Italie-Brésil,
Juventus Turin), 2 pts.
19. Blokhine (URSS, Dynamo
Kiev), Bonhof (RFA, Borussia Mönchengladbach),
U. Hoeness (RFA, Bayern Munich), Oblak (Yougoslavie,
Hajduk Split), Guillou (France, Angers),
1 pt.
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