



Vingtième Ballon d'Or de l'histoire, Blokhine rejoignait au palmarès son compatriote soviétique Lev Yachine, le plus grand gardien des temps modernes, distingué en 1963. Son succès fut d'autant plus méritoire que la concurrence avait pour noms Beckenbauer, Cruyff, Vogts ou Maier, authentiques vedettes du football international quand Blokhine, jeune homme de vingt-trois ans, se révélait tout juste aux yeux du public. C'était le Ballon d'Or de l'offensive tous azimuts, l'atout maître du Dynamo Kiev et de la sélection de l'URSS, digne successeur de Johan Cruyff, vainqueur l'année précédente, dont il possédait le style, la vitesse et le punch. A noter que Berti Vogts obtint une remarquable quatrième place, assez inattendue, et que les Allemands placèrent cinq de leurs représentants dans les dix premiers. La France, elle, dut se contenter du seul Jean-Marc Guillou, celui-ci enfoui dans les profondeurs du classement.
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| L'URSS NEW LOOK | ||||||||||
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Si l'on regarde Blokhine lorsqu'il
s'engage, balle au pied vers le but adverse, on ne peut
manquer d'être frappé par sa ressemblance
(technique) avec Cruyff : même faux train, même
balancement, même démarrage fulgurant qui
lui permet d'atteindre instantanément, et en
trois foulées, sa vitesse (maximale) : même
touche de balle fouettée, même crochet
ultracourt et.même sens du but. Seul change
le contre-pied, et les ruptures d'équilibre chez
Blokhine sont ceux d'un vrai gaucher. L'entente entre les deux hommes est d'ailleurs exemplaire.
Tous deux sont gauchers, vifs et dribbleurs redoutables.
Tous deux possèdent un tir meurtrier et se comprennent
les yeux fermés sur le terrain. Ailiers nominaux
et théoriques, ils évoluent en réalité
comme deux avants du centre éloignés l'un
de l'autre et occupant tout le front de l'attaque. Leurs
échanges de passes courts et longuess, leurs une-deux
constituèrent, par exemple, un modèle
du genre et un régal, à Bâle, en
finale de la Coupe des Coupes contre Ferencvaros. Et
aujourd'hui que Blokhine est à l'honneur, son
camarade mérite bien un morceau de son Ballon
d'Or, lui qui a beaucoup contribué à sa
réussite.
La révélation et la personnalité
de Blokhine démontrent que le football soviétique
commence à sortir du traditionnel moule dans
lequel étaient coulés ses joueurs et ses
équipes depuis vingt ans. Il est à l'origine
un athlète, digne fils d'une mère, Ekaterina
Adamenko, qui fut championne d'URSS du 80m haies et
qui lui a transmis sa vélocité. Mais il
est aussi et avant tout un footballeur dont l'habileté
et la finesse technique, le coup d'oeil et le sens du
jeu, le don du geste final sont ceux d'un nouveau phénomène.
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