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Le Père Noël est passé dans la grande
et belle maison des Beckenbauer, à Grünwald,
la banlieue résidentielle de Munich. Thomas,
Michael et Stephan, les trois garçons, ont trouvé
dans leurs souliers les jouets qu'ils désiraient.
Brigitte, sa femme, le parfum qu'entre autres choses,
elle souhaitait et Franz, un beau Ballon d'Or que le
jury de journalistes institué par France Football
offre au meilleur footballeur européen de l'année.
Ce Ballon d'Or 1976 ira rejoindre, dans sa vitrine aux
souvenirs, celui qu'il avait déjà reçu
en 1972 quand, à la tête de l'équipe
nationale de la RFA, il avait conquis le titre de champion
d'Europe. Le premier l'avait comblé de joie.
Celui-ci lui a fait plaisir encore : ce sera sans doute
le fleuron le plus beau qu'il ajoutera à sa couronne
de Kaiser, car, en cette année 1976, il a dû
se battre plus que jamais pour conquérir le titre
dont il est aujourd'hui honoré.
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| © Presse Sports |
Cette année ne fut facile ni
pour lui, ni pour le Bayern, ni pour l'équipe
d'Allemagne.
Il ne fut pas épargné par les coups durs.
Lui toujours si facile, si élégant, si
aérien, insaisissable, inaccessible aux charges
et aux crocs-en-jambe, dut tant lutter pour son club
qu'il se fit une profonde déchirure à
l'aine et dut faire l'impasse d'un match important du
Championnat, devant l'Eintracht Francfort. C'était
la onzième absence de Beckenbauer en 378 matches
de Bundesliga ! Le Bayern perdit 3-0. Quittant le terrain,
Gerd Müller déclara avec conviction : «
Décidément, quand Franz n'est pas là,
rien ne va plus au Bayern ! »
Ce Bayern avait déjà fait naufrage une fois, sur son terrain, au stade Olympique, devant Schalke, vainqueur 7-0. Oui, 7-0 : mais, ce jour-là, Maier avait joué soixante-dix-huit minutes avec un bras invalide, et Schwarzenbeck, tout le match, avait traîné la jambe. Franz aurait dû se multiplier en défense, descendre de son trône d'empereur pour faire le ménage : mais il n'avait pu s'opposer aux débordements de Schalke.
Avec l'équipe d'Allemagne, il avait connu une grande déception : il avait manqué sa deuxième Coupe d'Europe des nations. Pourtant, la RFA n'avait pas été battue. Elle ne s'était inclinée en finale qu'aux penalties. Peut-être parce que Hoeness n'avait pas assez serré le lacet de sa chaussure.
Mais la RFA a pris récemment sa revanche sur la Tchécoslovaquie (2-0, à Hanovre) et elle est invaincue cette année. Le Bayern a enlevé son troisième titre d'affilée de champion d'Europe, demeure qualifié pour les quarts de finale 1977, et n'a pas perdu l'espoir d'enlever la Bundesliga. Quant au Kaiser, il a encore grandi aux yeux de tous par la manière dont il a vaincu les difficultés ou surmonté les déceptions : « C'est le destin. Et si l'on a tout fait pour éviter l'échec, si l'on a sa conscience pour soi, il est permis de dormir en paix », dit-il.
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Déjà en juin dernier, il avait eu une première et grande satisfaction. Le jour de la finale de la Coupe d'Europe des nations, il était entré dans le club – fermé – des centenaires de la sélection avec Bozsik, Gilmar, Djalma Santos (100), Bjoërn Svensson et Lionel Sanchez (104), Billy Wright (105), Bobby Charlton (106) et Bobby Moore (108).
Il compte bien battre ce record, lui qui en est déjà à 102 et qui espère être à la Coupe du monde 1978 en Argentine, et qui semble avoir la réussite attachée à la semelle de ses chaussures.
JEAN CORNU
(France Football numéro 1 603, 28 décembre 1976)
| FICHE
JOUEUR |
CLASSEMENT 1976 |
FRANZ BECKENBAUER
Nationalité : allemande.
Né le : 11 septembre 1945, à
Munich (ALL).
1,81m ; 75 kg.
Poste : milieu, défenseur.
Clubs : SC Munich 1906 (1954-1958), Bayern
Munich (1958-1977), Cosmos New York (1977-1980),
Hambourg SV (1980-1982) et Cosmos New York
(mai-novembre 1983).
Palmarès de joueur : Coupe du monde
1974 ; Championnat d'Europe des nations 1972
; Coupe intercontinentale des clubs 1976 ;
Coupe des champions 1974, 1975 et 1976 ; Coupe
des Coupes 1967 ; Championnat de RFA 1969,
1972, 1973, 1974 et 1982 ; Championnat des
Etats-Unis 1977, 1978 et 1980 ; Coupe de RFA
1966, 1967, 1969 et 1971.
Bilan en équipe de RFA : 103
sélections, 14 buts (1965-1977).
Bilan en phase finale de Coupe du monde :
3 participations (1er en 1974 ; 2e
en 1966 ; 3e en 1970), 18 matches, 3
buts (1966-1974).
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur
en 1972
et 1976
(2e en 1974 et 1975 ; 3e en 1966).
Carrière d'entraîneur : Allemagne
A (septembre 1984-juillet 1990), Marseille
(septembre-décembre 1990), Bayern Munich
(décembre 1993-novembre 1994 ; avril-juin
1996).
Palmarès d'entraîneur : Coupe
du monde 1990 ; Coupe de l'UEFA 1996 ; Championnat
d'Allemagne 1994.
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1. Beckenbauer (RFA, Bayern Munich),
91 points.
2. Rensenbrink (Pays-Bas,
Anderlecht), 75 pts.
3. Viktor (Tchécoslovaquie,
Dukla Prague), 52 pts
4. Keegan (Angleterre,
Liverpool), 32 pts.
5.
Platini (France, Nancy), 19 pts.
6. Ondrus (Tchécoslovaquie,
Slovan Bratislava), 18 pts.
7. Cruyff (Pays-Bas, FC
Barcelone), Curkovic (Yougoslavie, Saint-Etienne),
12 pts.
9. Bonhof (RFA, Borussia
Mönchengladbach), Masny (Tchécoslovaquie,
Slovan Bratislava), G. Müller (RFA,
Bayern Munich), 9 pts.
12. Causio (Italie, Juventus
Turin), 7 pts.
13. Vogts (RFA, Borussia
Mönchengladbach), 6 pts.
14. Nyilasi (Hongrie,
Ferencvaros), 5 pts.
15. Bettega (Italie, Juventus
Turin), Croy (RDA, Zwickau), Georgescu (Roumanie,
Dinamo Bucarest), Pollak (Tchécoslovaquie,
Kosice), 4 pts.
19. Blokhine (URSS, Dynamo
Kiev), Streich (RDA, Magdebourg), 3 pts.
21. Janvion
(France, Saint-Etienne), D. Müller
(RFA, Cologne), Rocheteau
(France, Saint-Etienne), Santillana
(Espagne, Real Madrid), Wendt (RDA, Borussia
Berlin), 2 pts.
26. Ali Cemal (Turquie,
Trabzonspor), Heynckes (RFA, Borussia Mönchengladbach),
Bathenay (France, Saint-Etienne),
Zoff (Italie, Juventus Turin), 1 pt.
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