 |
 |
| © Presse Sports |
Lothar Matthäus n'avait pas eu beaucoup de réels concurrents, aussi rayonnants que lui pendant les douze mois de l'année. Schillaci ne dansa qu'un seul été durant le Mondiale ; Brehme, le brillant arrière latéral, fut dans l'ombre de son coéquipier ; Gascoigne ne confirma pas tous les espoirs placés en lui ; les Néerlandais Gullit, Van Basten et Rijkaard ne brillèrent qu'avec Milan AC et les Belges, les Espagnols et les Yougoslaves s'arrêtèrent en bon chemin. Matthäus consacra donc la renaissance du football allemand et respecta la tradition d'ouverture des décennies par un Ballon d'Or germanique : Müller en 1970, Rummenigge en 1980 et Matthäus, donc, en 1990. Il permit également, avec un sixième trophée, de remettre les Allemands à égalité avec les Hollandais (Cruyff, trois ; Gullit, un ; Van Basten, deux) et autorisa l'Inter à réduire son terrible écart avec. Milan AC (quatre Ballons d'Or) à l'occasion de son premier succès. Car ni Suarez (couronné en 1960 sous les couleurs du Barça), ni Facchetti, ni Corso ne furent distingués au cours de leurs trois ou quatre années fabuleuses. Gloire à Matthäus, par conséquent, et gloire à l'Inter !
|
|
 |
 |
| © Presse Sports |
Après son début en fanfare dans la compétition
mondiale, Lothar Matthäus récupéra
son uniforme de soldat devenu officier, chargé
d'installer les balises défensives et de faire
régner l'ordre dans le régiment. Panache
rentré et prudence en bandoulière, il
ne fut plus jamais, au cours des cinq matches qui suivirent
RFA-Yougoslavie et RFA-Emirats arabes unis, l'irrésistible
acteur vu deux fois à San Siro. Il ne fut plus
que le capitaine parfait d'une sélection lancée
vers la conquête et programmée pour vaincre.
Ce qui, en échange de sa liberté, lui
offrit la gloire et fit, un peu, beaucoup, notre regret.
Car Matthäus, s'il n'est pas Pelé, est un éléphant du jeu, l'un de ceux autour desquels on articule une équipe et sur lesquels on peut compter. Matthäus, indépendamment d'une énergie vitale exceptionnelle et d'un goût réel pour l'engagement et le contact, est un footballeur de règle et de conscience. Individuellement, il n'est sublime en rien ; mais il est bon dans toutes les expressions du jeu et assez remarquable dans l'utilisation de sa frappe de balle. Cela lui permet d'être à l'aise dans toutes les zones du champ et de passer de la défense à la création sans gêne ni fausse note. Voilà ce que nous aurions écrit, sans rien ajouter, si Matthäus était resté au Bayern jusqu'à la fin de sa carrière.
Heureusement, pour lui-même et pour le football, il est allé un jour à l'Inter Milan ; et c'est grâce au Calcio, grâce à Trapattoni, grâce à l'ouverture de la création élargie, qu'il est devenu un autre joueur, un champion plus rythmé, plus affirmé, un Ballon d'Or en somme.
Le Matthäus de cette fin d'année 1990, numéro
10 des Nerazzurri, auteur de quelques buts fracassants
en Championnat d'Italie, est du même calibre que
le Matthäus de la Coupe du monde. Il est entraînant,
spectaculaire, irrésistible. C'est un éléphant
de course, qui donne à sa distinction du Ballon
d'Or toute sa justification et sa valeur.
Jacques Thibert
(France Football numéro 2 333, 25 décembre
1990)
| FICHE
JOUEUR |
CLASSEMENT 1990 |
|
LOTHAR MATTHÄUS
Nationalité : allemande.
Né le : 21 mars 1961, à
Herzogenaurach (ALL).
1,73m ; 72 kg.
Poste : milieu, puis défenseur.
Clubs : Herzogenaurach (1970-1979),
Borussia Mönchengladbach (1979-1984),
Bayern Munich (1984-1988), Inter Milan (1988-1992),
Bayern Munich (1992-mars 2000) et New York-New
Jersey MetroStars (mai-septembre 2000).
Palmarès de joueur : Coupe
du monde 1990 ; Championnat d'Europe des
nations 1980 ; Coupe de l'UEFA 1991 et 1996
; Championnat d'Allemagne 1985, 1986, 1987,
1994, 1997 et 1999 ; Championnat d'Italie
1989 ; Coupe d'Allemagne 1986 et 1998 ;
Coupe de la Ligue dAllemagne 1997,
1998 et 1999 ; Supercoupe dAllemagne
1987. Bilan en équipe dAllemagne
: 150 sélections A, 23buts (1980-2000).
Bilan en phase finale de Coupe du monde
:
5 participations (1er en 1990 ; 2e en 1982
et 1986), 25 matches (recordman des matches
joués), 6 buts (1982-1998).
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur
en 1990 (2e en 1991).
Carrière dentraîneur
: Rapid Vienne (septembre 2001-mai 2002),
Partizan Belgrade (décembre 2002-décembre
2003) et Hongrie A (depuis janvier 2004).
Palmarès dentraîneur
: Championnat de Serbie-et-Monténégro
2003.
|
1. Matthäus (Allemagne, Inter
Milan), 137 points.
2. Schillaci (Italie, Juventus Turin),
84 pts.
3. Brehme (Allemagne, Inter Milan),
68 pts.
4. Gascoigne (Angleterre, Tottenham),
43 pts.
5. Baresi (Italie, Milan AC), 37
pts.
6. Klinsmann (Allemagne, Inter Milan),
Scifo (Belgique, Auxerre), 12 pts.
8. R. Baggio (Italie, Juventus Turin),
8 pts.
9. Rijkaard (Pays-Bas, Milan AC),
7 pts.
10. Buchwald (Allemagne, Stuttgart),
6 pts.
11. Papin (France,
Marseille), 3 pts.
12. Martin Vasquez (Espagne, Torino),
McGrath (Eire, Aston Villa), Prosinecki
(Yougoslavie, Etoile Rouge Belgrade), Stojkovic
(Yougoslavie, Marseille), Walker (Angleterre,
Nottingham Forest), Zenga (Italie, Inter
Milan), 2 pts.
18. Barnes (Angleterre, Liverpool),
M. Laudrup (Danemark, FC Barcelone), Lineker
(Angleterre, Tottenham), Platt (Angleterre,
Aston Villa), Völler (Allemagne, AS
Roma), Waddle (Angleterre, Marseille), 1
pt.
|
|
|