



En dépit de son échec en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions, Jean-Pierre Papin obtint une élection de maréchal avec un bilan, pour 29 jurés, de 141 points sur un total possible de 145. Seuls l'Angleterre (Lineker), Malte (Savicevic) et la Yougoslavie (Savicevic) se distinguèrent en ne le plaçant pas en première position. Ce plébiscite tint à plusieurs facteurs
: la nature des buts de JPP, spectaculaires, décisifs,
typés ; sa constance, au plus haut niveau de
buteur, depuis plusieurs années ; le poids de
l'aventure des Bleus en Europe ; l'impact médiatique
de la victoire de l'Olympique de Marseille sur le Milan
AC ; l'absence de concurrent irréfutable aussi,
il faut bien le reconnaître. La consultation annuelle
de France Football se livra d'ailleurs à une
facétie originale en ne voulant pas départager
les trois deuxièmes du Ballon d'Or : Matthäus,
Pancev et Savicevic, par ordre alphabétique,
à 99 points de Papin. Après Kopa (1958)
et Platini (1983, 1984 et 1985), celui-ci apporta au
football français le cinquième Ballon
d'Or de son histoire. |
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| UN ACCÉLÉRATEUR DE PARTICULES | ||||||||||
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Papin a toujours bougé, et de mieux en mieux au fur et à mesure que les saisons ont passé. Il a également énormément travaillé sur ses points forts (vitesse, détente, frappe de balle, adresse de volée) pour atteindre le niveau sublime de la quasi-perfection que l'on retrouve chez l'ébéniste d'art ou l'accordeur de pianos. L'avant-centre de l'OM et des Bleus, dans un football contemporain frileux et compassé, est une sorte de survivant, un accélérateur de particules, un briseur de rythmes mous. La balle lui vient, et à chaque fois il se passe quelque chose. Comme si Papin, en un instant, en une action, jouait sa vie et son rêve. Cette frénésie se traduit par les buts et les victoires que l'on sait. Par l'admiration du public et le respect de tous. Jean-Pierre Papin, dans ce rôle du canonnier en chasse, n'est pas un styliste à proprement parler. C'est un battant, à qui il arrive de « taper dans les persiennes » d'un défenseur ou de lui rayer sa carrosserie. Les psys diraient que son esprit de compétition « se fonde sur une mort symbolique », celle de l'adversaire évidemment. JPP serait donc pour eux une sorte de tueur, de primitif, qui ferait « appel à des fonctions cérébrales archaïques » sans renier, heureusement, la pensée logique de l'homme évolué.
Ce qui est magnifique, dans la carrière du nouveau Ballon d'Or, c'est son évolution constante, l'amélioration de son bagage, la prise en compte de ses expériences additionnées, l'élargissement de sa vision. Papin est un homme et un joueur étonnés, qui apprennent constamment. Ce n'est pas pour cela que les deux en un accueillent facilement les sursauts du destin. Mais ils savent, il sait les dominer pour avancer ou renaître. Jacques Thibert
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