



Sur fond de crise entre les deux pays, la rencontre Arménie-Turquie, qui aura lieu samedi à Erevan pour le compte des éliminatoires de la Coupe du monde 2010 (groupe 5), sera-t-elle le théâtre d'une réconciliation diplomatique ?
Historique. Après maintes réflexions, le président turc Abdullah Gül a finalement accepté l'invitation de son homologue Serge Sarkissian et se rendra à Erevan samedi pour assister à la rencontre comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2010. Encensé par la presse turque, mais fortement critiqué par l'opposition nationaliste, Gül a donc choisi le dialogue et sera le premier chef d'Etat de Turquie à se rendre en Arménie, depuis l'indépendance de ce pays en 1991, alors qu'un profond différend oppose les deux nations sur la question du génocide arménien et qu'elles n'ont pas de relations diplomatiques. « Je pense que l'invitation du Président arménien est un exemple montrant que la fin des malentendus approche » avait déclaré vendredi dernier Abdullah Gül au quotidien turc Radikal. « L'établissement de relations diplomatiques est la meilleure solution pour tout le monde, avait de son côté confié Sarkissian dans la presse arménienne. Je n'aurai pas lancé d'invitation à mon homologue turc si je n'avais pas cru à la signification de sa visite. Nous avons été des voisins pendant des siècles et avons survécu à beaucoup de difficultés. Concernant la question de la reconnaissance du génocide, tout arménien de n'importe quelle partie du monde affirme toujours qu'un génocide a eu lieu, mais nous n'en ferons pas une condition essentielle pour l'amélioration de nos relations ».
Côté terrain, si les Turcs - qui ont brillamment terminé dans le dernier carré à l'Euro- partent favoris, les Arméniens semblent en constance progression depuis un an et devraient offrir une belle résistance samedi. Les ex-protégés de Bernard Casoni (août 2004-avril 2005) occupent aujourd'hui la 98e place au classement FIFA. Sans aucune star dans leur effectif, hormis peut-être Edgar Manucharyan (Ajax Amsterdam), les Arméniens, entraînés aujourd'hui par le Danois Jan Poulsen, pourront toutefois compter sur les 52 000 spectateurs du stade Hrazdan pour les pousser. Les hommes de Fatih Terim seront quant à eux soutenus par plus de 5 000 fans, qui ont pu faire le déplacement chez leurs voisins. Le 20 août, dans le premier acte de la confrontation entre les deux pays, les Espoirs arméniensavaient battu la Turquie (2-1), à domicile, pour le compte des éliminatoires du Championnat d'Europe 2009 (groupe 2). Place désormais à l'acte II...
Fred Azilazian