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Ligue 1- AS Monaco

Le best-of de la conférence de présentation de Thierry Henry à l'AS Monaco : «C'était le choix du coeur»

Ce mercredi après-midi, Thierry Henry passait en conférence de presse de présentation avec Vadim Vasilyev, le vice-président de l'AS Monaco. Le nouvel entraîneur a présenté son staff et en a dit un peu plus sur sa philosophie, que ce soit sur le terrain ou en dehors.

Son introduction...
«Je voudrais remercier le président, le vice-président, le directeur sportif de me donner l'opportunité de revenir à la maison. J'aimerais aussi remercier la fédération belge de m'avoir libéré, de m'avoir donné l'opportunité de m'épanouir avec un coach et un groupe extraordinaire. Le coach n'a pas eu peur de ce que je représentais en tant que joueur.»

Sur son expérience avec la Belgique...
«Je vous ai évité pendant deux ans (à propos des journalistes belges), je ne peux plus vous éviter (sourire). L'accueil que j'ai recu en Belgique a été très chaleureux. Ça n'a pas été évident au début de structurer cette équipe, mais avec le coach et le staff on a reussi à faire quelque chose qui restera gravé dans le football belge. La Belgique est maintenant reconnue comme une équipe et pas seulement comme des individualités.»

Sur le fait de commencer à Monaco et sur ses inspirations...
«Quand l'offre est venue, elle me semblait logique, c'était un choix du coeur. Mon lien avec Arsenal est important mais c'est ici que j'ai commencé. Pouvoir commencer ici, c'est un rêve qui devient réalité. J'ai appris beaucoup de mes différents entraîneurs. Si je devais parler de Wenger, il m'a appris à être un grand professionnel. Vous apprenez des gens, mais il faut savoir mettre sa patte après. Guardiola est une référence, j'ai pu le regarder travailler de près. Suaudeau, Denoueix m'ont également inspiré en France. Je suis admiratif du style de jeu du FC Nantes, ils ont inventé la transition.»

Sur l'effectif de l'AS Monaco et sur les objectifs cette saison...
«Il faut penser à Strasbourg (le match de ce week-end). Le moral n'est pas au plus haut et des joueurs manquent avec la trève internationale. Je préfère penser au présent car la situation n'est pas facile. Il va falloir trouver un équilibre, sécuriser les joueurs, que ce soit en possession haute ou basse. Retrouver une certaine joie. Il y a des joueurs que je n'ai pas encore vus, à qui je n'ai pas pu parler des concepts de jeu que je veux mettre en place. Ce dont l'équipe a besoin aujourd'hui, ce n'est peut-être pas ce dont elle aura besoin demain

S'il a hésité avant de revenir en France à cause des relations délicates qu'il a pu avoir avec le public et la presse...
«J'ai fait le deuil de ma carrière en tant que joueur. Je suis dans la peau d'un coach, je vais essayer de faire comprendre à cette équipe ce que j'aime. Aucun problème avec ça

Sur ses idées précises et sur ce qu'il faut améliorer...
«Il faut redevenir une équipe qui ne prend pas de buts. Elle a besoin de sécurité et d'équilibre. Mais ça ne veut pas seulement dire se recouvrir et ne pas attaquer. Il faut le faire avec intelligence pour avoir un avantage tactique

Sur le genre d'entraîneur qu'il aimerait être...
«Quand on travaille, on travaille. Après il y a des moments où il faut rire, prendre du plaisir. C'est du dialogue, mais aussi de l'intensité, de la rigueur. Combien de temps ça va prendre ? Je ne sais pas encore. Mais en tant qu'entraîneur, vous devez être flexible, même si le concept de l'équipe reste le même. La clé, c'est la patience. A l'époque où j'étais joueur, c'était la jeune génération qui allait vers les vieux, aujourd'hui c'est à nous d'aller vers eux. Ce sont les résultats qui comptent, mais les résultats viennent avec le travail.»

S'il a eu une forme d'impatience dans sa carrière pour être coach...
«Non, j'ai fait ce que j'avais à faire. Ça m'a pris trois ans pour avoir mes diplômes. Quand j'ai dû ramasser les maillots de l'équipe de jeunes d'Arsenal, je le faisais, quand le coach de la Belgique me demandait de mettre les plots sur le terrain, je le faisais. Impatience, non, mais envie, oui.»

Sur Jardim...
«Il faut remercier le travail de Jardim, qui restera à jamais dans l'histoire de Monaco. Avec le staff, on lui souhaite bonne chance

Sur ce qu'il pense du projet Monaco...
«Moi ce qui m'importe, c'est Strasbourg. Voilà où j'en suis. Quand tout sera plus calme, on pourra parler d'autre chose. (Relancé par le journaliste sur la question du projet) Je suis là pour coacher l'équipe.»

Sur l'importance de son staff...
«C'est important d'avoir un staff qui puisse te dire non, apporter une autre approche sur comment attaquer, sur l'équilibre à avoir. Le plus important pour moi, c'est d'avoir des gens avec qui discuter. Si ce que je dis n'est pas bon, j'ai besoin qu'ils me le disent.»

Sur ce qu'il pense du Championnat de France...
«Monaco mérite une place beaucoup plus haute, mais si je vous dis ça maintenant, vous allez rire puisqu'on est tout en bas. De voir les bons résultats des clubs français dans les compétitions européennes, je pense que c'est quelque chose de positif.»

S'il y a du stress...
«Non vraiment pas. Il y a un travail énorme à effectuer. Je ne vais pas dire que je ne ressens rien. Il y a toujours cette petite flamme à l'intérieur, mais il n'y a pas de stress

Sur ce qu'il a apporté à Romelu Lukaku avec la Belgique...
«Je n'étais pas là-bas que pour Rom' et les attaquants. On a souvent discuté avec Rom', je lui ai toujours dit ce que je pensais. Je pense qu'il a aimé cette honneteté. Quand vous vous retrouvez dans une situation avec des joueurs comme Lukaku, De Bruyne, Mertens, si vous bafouillez, ils voient ça très vite. Ils m'ont beaucoup apporté aussi.»

Si sa carrière de grand joueur va l'aider...
«Ça va aider. Est-ce que ça va être un atout ? Je l'espère. Mais ca ne veut pas dire que ça va être plus facile. Il y a beaucoup de choses à apprendre quand on passe de l'autre côté de la ligne. Quand tu es coach, il faut être patient. On a vu des très grands entraîneurs qui n'ont jamais joué au foot et vice-versa.»
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